Photographes: que ferez-vous lorsque vous serez malade ou blessé sérieusement?

The Hotel-Dieu campus of the Montreal CHUMLe 15 juin dernier, à 2 jours de partir en vacances aux États-Unis avec la famille, une douleur lancinante et insupportable au poumon gauche m’a réveillé durant la nuit. Elle avait débuté dans la journée, mais je mettais cela sur le compte des nombreuses heures que j’avais passées à faire de la photo durant la semaine.

Cela ne me tentait pas vraiment de partir à 3h du matin pour aller attendre 5 heures à l’urgence, mais comme il m’était impossible d’être en position couché, je suis parti avec ma voiture. En m’habillant, lorsque j’étais debout, la douleur n’était pas trop présente. Cela qui me faisait penser que je pouvais m’y rendre moi-même. Cependant, après quelques coins de rue, je me suis rendu compte que la position assise n’était pas tellement mieux que couchée. J’aurais dû partir en ambulance, mais j’étais déjà sur la route. Il n’y avait personne en raison de l’heure alors en brûlant quelques «rouges» j’ai pu me rendre assez rapidement.

Une fois passé au triage, on ne m’a pas retourné dans la salle d’attente. L’infirmière m’a amené directement dans une civière d’un bloc de l’urgence. C’est là que je me suis dit «YES! Pas d’attente!», suivit d’un rapide «oh merde, c’est vraiment pas bon signe».

Quatre ou cinq électrocardiogrammes en moins d’une heure n’ont pas fini de me rassurer. Ils ont rapidement détecté les symptômes d’une embolie pulmonaire, mais il y avait plusieurs choses ne marchaient pas pour qu’ils puissent officiellement confirmer le diagnostic (pas de phlébite, pas de longs voyages immobilisés…)

Ce n’est qu’après être passé au «nucléaire» qu’ils ont pu confirmer l’embolie en visualisant le caillot qui bloquait mon sang.

Comme mes électrocardiogrammes étaient anormaux, mais pas anormaux comme ils auraient dû l’être pour une embolie (ce qui a retardé le diagnostic), ils m’ont fait passer d’autres tests pour le coeur. Finalement, tout était beau de ce côté-là.

Après 3 jours d’hospitalisation, j’ai finalement quitté sans douleur, mais avec une médication à suivre méticuleusement. Trois à six mois de Coumadin, et tout devrait être réglé.

Cinq jours après ma sortie de l’hôpital, je faisais ma première assignation en couvrant le spectacle de la Fête nationale pour le quotidien Le Devoir. En tout, je n’aurai manqué qu’un seul contrat.

J’ai été chanceux.

J’ai un collègue qui a été sur le carreau deux mois après une embolie. Imaginez un AVC ou une crise cardiaque. Même un simple bras cassé pourrait vous empêcher de prendre des photos pendant plusieurs semaines, si ce n’est plusieurs mois.

En tant que photographe, vous êtes probablement à votre compte. Vous êtes un travailleur autonome ou vous avez peut-être une entreprise enregistrée et êtes propriétaire de votre studio. Vous n’avez donc aucun congé payé par votre patron (c’est VOUS le patron!) et vous n’avez pas droit à la CSST en cas d’accident de travail.

Si vous ne travaillez pas, il n’y a pas d’argent qui entre.

Avez-vous un plan B en cas d’incapacité à court, moyen ou long terme?

Avez-vous une assurance invalidité, ne serait-ce que pour votre prêt hypothécaire? Avez-vous l’équivalent de trois mois de salaire de côté? Avez-vous des collègues qui peuvent vous remplacer pour faire les contrats pour lesquels vous vous êtes engagé? Êtes-vous en mesure de faire quand même un profit sur ces contrats pour faire entrer un peu d’argent? Avez-vous un associé à votre studio qui peut s’assurer de ne pas mettre en faillite l’entreprise que vous avez fait grandir depuis de nombreuses années?

Vos mieux mettre un plan en place avant qu’un malheur n’arrive.

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