Savoir prendre une photo est une chose. Savoir comment faire prospérer sa business photo comme une vraie entreprise en est une autre. Voici 5 choses que tout photographe doit savoir.

Photographer Didier Debusschere

1) Un photographe doit comprendre le droit à l’image

Un jour, vous allez publier une photo où l’on verra le visage d’une personne. Que ce soit celle d’un inconnu dans une photo de rue à la Henri Cartier-Bresson ou sur votre portfolio en tant que photographe de mariage, il est impératif de comprendre le droit à l’image au Québec pour éviter une poursuite.

2) Un photographe doit savoir quoi faire lorsque quelqu’un utilise une photo sans son autorisation

La question n’est pas de savoir si un jour quelqu’un volera une de vos photos, mais bien de savoir quand cela arrivera. Il est important d’être prêt et de savoir quoi faire lorsque le jour sera venu. Que votre but soit d’utiliser le DMCA pour faire supprimer une image sur un site Internet ou de carrément poursuivre une entreprise pour vol de votre droit d’auteur, il est important de ne pas tomber dans le piège des 10 mauvaises bonnes raisons que les gens utiliseront pour se défendre et de savoir être proactif pour trouver les fautifs.

3) Un photographe doit savoir combien vendre une photo

Même en tant que photographe amateur, il arrivera sûrement un jour que quelqu’un vous contactera en vous disant qu’il a vu une photo sur votre Flickr, qu’il l’a aimée, et qu’il veut l’utiliser sur son site web ou pour un article dans une revue. Évidemment, il ne faut pas accepter un crédit photo comme forme de paiement en comprenant la valeur de vos photos. Il faut savoir ce que doit contenir une licence photographique et combien vendre celle-ci.

4) Un photographe doit savoir comment archiver sécuritairement ses photos

Un disque dur, ça brise. Ça se vole. Ça brûle. Il est important de savoir archiver sécuritairement ses photos pour s’assurer de ne pas perdre 5 ans et 150,000 photos en raison d’un bris matériel.

5) Un photographe doit savoir où lire des textes instructifs sur l’industrie de la photographie

Vous avez aimé ce billet? Pour ne rien manquer de mes prochains textes, suivez-moi sur Twitter, sur mon Facebook, ou abonnez-vous au fil RSS de ce blogue. Et pourquoi ne pas en faire profiter vos collègues en le partageant?

Formulaire Y38 form

Le formulaire BSF407 (anciennement formulaire Y38), vous connaissez? En revenant d’un séjour à l’extérieur du pays, un douanier canadien pourrait vous demander la preuve que vos caméras, lentilles et flash n’ont pas été acheté à l’extérieur du pays lors de votre voyage. À défaut de pouvoir le faire, il considérera que vous être en train d’importer un produit acheté à l’étranger et pourrait vous forcer à repayer toutes les taxes, TPS et TVQ, en fonction de la valeur de votre équipement. Imaginez devoir repayer une seconde fois 15% de taxe sur deux boitiers à 5000$ chacun et deux ou trois lentilles à 1500$ pièces! 99% du temps, il n’y aura pas de problème. Mais un douanier zélé et…

Deux scénarios possibles.

  1. Vous êtes en mesure de payer immédiatement, sur place, 15% de la valeur de vos biens. De retour à la maison, il vous sera possible de prendre vos factures et vous présenter à un bureau des douanes. Le montant vous sera alors remboursé, mais vous avez perdu beaucoup de temps et vous aurez peut-être même dû mettre temporairement quelques centaines de dollars, sinon quelques milliers, sur votre carte de crédit.
  2. À défaut d’être en mesure de payer le montant sur place, le douanier pourrait saisir temporairement l’équipement jusqu’au paiement du montant des taxes ou de la présentation des factures prouvant que les taxes ont déjà été payé lors de l’achat de l’équipement au Canada.

Vous avez acheté votre caméra usagée? Vous avez n’avez plus de factures? Bonne chance.

Le formulaire BSF407 est là pour prévenir ce genre de scénario catastrophe

Formulaire Y38 form

Disponible aux postes frontaliers et dans les aéroports offrant des départs internationaux, vous devez remplir le formulaire BSF407 avec un agent des douanes AVANT votre départ. Il notera sur le formulaire BSF407 chaque caméra, flash, et lentille ainsi que son numéro de série. À votre retour au pays, ce document sera la preuve que votre équipement était bien en votre possession lors de votre départ du Canada. Il est valide à vie. Vous le remplissez une fois et, tant que vous n’achetez pas une nouvelle pièces d’équipements, vous pouvez le conserver et l’utiliser. Mettez-le dans une enveloppe en plastique pour le protéger et transportez-le avec votre passeport.

Tout ceci se résume par ces deux phrases du mémorandum de l’agence des Services Frontaliers du Canada:

« Les individus n’ont pas à produire de reçus ou une autre preuve d’achat ou d’importation conforme à la loi au moment de délivrer le formulaire BSF407. (…) Au moment de la réimportation, la carte d’identité est acceptée par les agents des services frontaliers comme preuve satisfaisante de l’origine des marchandises. »

En quittant par voie terrestre

En quittant par voiture, il est théoriquement possible d’arrêter au bureau canadien des douanes. Cependant, la configuration de l’espace rend la chose parfois difficile: vous êtes censé vous rendre aux douanes américaines. La chose est d’autant plus vrai s’il s’agit d’un poste frontalier recevant un trafic important.

Je vous suggère plutôt de vous présenter au comptoir de l’Agence des services frontaliers du Canada de l’aéroport offrant des départs internationaux avant votre départ.

En quittant par avion

Vous pouvez remplir le formulaire juste avant votre départ. En théorie, cela prend moins de 15 minutes. Il peut cependant y avoir une file et le comptoir pourrait être fermé (surtout si votre départ se fait la nuit). Il serait prudent de se présenter à l’aéroport quelques jours avant. À l’aéroport de Québec, le comptoir est situé à l’extrême droite, juste en face de la zone d’attente des taxis. À l’aéroport Pierre-Élliot Trudeau, le bureau est situé au premier étage ( Étage des arrivées).

À Montréal, au lieu de se rendre à l’aéroport, il est aussi possible de remplir le formulaire Y38 au bureau de l’ASFC au 400 Place Youville.

Note for my English readers: Mark Feenstra did a great post on this in English.

La sécurité et la pérennité de mes archives est pour moi primordial.

Voici donc de A à Z mon flux de travail (workflow) lors d’un contrat photo, de l’ingestion à l’archivage sécurisée. Il assure une rapidité de travail et, surtout, la sécurité de mes images lors de toute les étapes de production.

Flux de travail sécurisé des photos

workflow-de-travail

01_ingested
C’est le logiciel Photo Mechanic qui prend en charge l’ingestion de mes photos en raison des nombreux paramètres disponible. J’ai paramétré le tout pour qu’automatiquement Photo Mechanic créé un sous-dossier à 01_ingested (ingéré), nommé en fonction de la date de création des photos. Celles-ci vont se placer dans un nouveau sous-dossier nommé « 01-originals ».

Les photos modifiées en post-production sont ensuite sauvegardées dans un dossier à part: 02-derivatives.

De plus, Photo Mechanic permet une double ingestion. Les photos sont donc également déposé de façon simultané sur un disque dur externe nommé « Archive » (voir « 2 » dans le schéma ci-bas). C’est une sauvegarde de sécurité « set and forget ». Elle se fait sans que j’aille à y penser et je n’ais qu’à aller y faire le ménage et supprimer le contenue du dossier de temps à autre.

02_Convert_RAW_to_DNG
Une fois le travail de post-production terminé et les photos livrées au client, le dossier est déplacé ici. Éventuellement, le logiciel gratuit Adobe DNG Converter fait la conversion des fichiers RAW au format DNG, un type de fichier ouvert garantissant la pérennité des fichiers à long terme.

03_Ready_to_archive
Une fois la conversion en DNG complétée, les dossiers sont transféré ici. Il ne s’agit que d’un endroit utilisé à court terme car ils sont rapidement mis en archive sur les disques durs externes.

Ce qui nous amène à parler de la…

Gestion sécurisée des archives photographiques à long terme

archiving-strategy

1 – Disque « Archive »
Une fois les photos dans le répertoire « 03_Ready_to_archive », je copie manuellement celles-ci vers leur destination final: le disque « Archive » où se trouve toute mes photos prisent depuis 2003. Il y a un dossier par année, puis par mois, et ensuite par projet. J’utilise des disques G-Technology, appelé simplement G-Drive, disponible en prime sur Amazon.

2 – Disque « Backup »
À chaque soir, à 22h30, le logiciel Chronosync démarre automatiquement et fait un miroir de mon disque Archive sur le disque backup. Chaque changement effectué sur Archive (ajout, modification, suppression) est donc répliqué sur le disque Backup. Une fois complété, Chronosync m’envoie un courriel pour me dire si l’opération s’est bien déroulé ou, si non, quel sont les erreurs repérés.

Cette réplication des photos sur un autre disque est extrêmement importante. En cas de bris de mon disque Archive, l’ensemble de mes photos se trouve sur mon disque Backup, et vice versa.

3 & 4 – Disque « archive 2 »

Lorsque les disques archive et backup sont à pleines capacité, je n’ai qu’a ajouté deux autres disques: Archive 2 et Backup 2. Ce système est communément appelé « JBOD » (Just a Bunch of Discs). Il est selon moi plus simple et surtout moins chère à utiliser qu’un système RAID. De plus, il facilite l’étape 5.

5 – Cloud ou Échange du disque « Backup« 
Que ce passe-t-il en cas de catastrophe majeur tel un feu, une inondation, ou un vol de matériel? Un second disque « Backup » est mis en sécurité chez une personne de confiance. Régulièrement, le disque « Backup » gardé à l’externe est échangé avec celui se trouvant au bureau. Chronosync fait alors un nouveau « miroir » et ajoute les nouvelles données ajoutées depuis le dernier échange.

Ça, c’était ma recommandation lors de la première version de ce billet. Cependant, maintenant que j’ai un deuxième disque d’archive, c’est donc ces deux disques qui doivent être échangés. Les disques que j’utilise, des G-drive de haute performance de 3 ou 4 terabytes coûte quelques centaines de dollars. Deux de ceux-ci pour la sauvegarde externe est un peu dispendieux. J’ai récemment opté pour une nouvelle approche: le cloud. L’infonuagique (cloud computing) ne devrait pas être utilisée comme sauvegarde principale, mais comme troisième ligne, pourquoi pas?

Backblaze offre un plan de transfert et d’hébergement illimité pour 5$ par mois. Le logiciel permet de limiter la bande passante utilisée ou de programmer les moments où ceux-ci devraient être effectués. Comme j’ai une limite de 100 go par mois, mais que mon transfert de nuit ne compte pas, j’ai programmé Backblaze pour que les sauvegardes sur le nuage se fassent de minuit à 8 heure le matin. Backblaze fonctionne comme Chronosync. Il compare ce qui se trouve sur mes deux disques « archive » avec ce qui est déjà sur le nuage, et ajoute, modifie ou supprime en conséquence. En cas de catastrophe à la maison, je peux faire revenir manuellement un ou des fichiers ou demander à ce qu’ils me renvoient un disque dur contenant l’ensemble de mes fichiers.

6 – Disque « Time machine »
Tout au long de mon travail sur les photos, mon iMac archive mes données sur un disque dur externe via l’application native du système d’opération OS X de Mac: Time Machine. Une copie de sauvegarde est effectuée automatiquement en arrière plan à toutes les heures. À tout moment, si j’ai supprimé ou modifié par erreur un document, je peux retourner en arrière et aller chercher une version précédente.

disques-archive

La rue zone interdite

rue_zone_interdite

Un de mes billets les plus populaire est Le droit à l’image au Québec.

Ce billet et tout ce qui entoure le droit à l’image au Québec découle directement du jugement Aubrie Vs Vice-Versa. Gilbert Duclos, le photographe de Vice-Versa, a fait un reportage expliquant tout ce qui s’est passé, et surtout des implications de ce jugement, 12 ans plus tard. Un petit bijou de 45 minutes.


Copyright © 2017 Francis Vachon. Réalisation web par Eve Drouin-V.