Note: Parfois, l’histoire derrière l’image est plus intéressante que la photo elle-même. La chronique “L’anecdote derrière l’image” présente des photographies parfois moins intéressantes visuellement – parfois elle n’auront même pas été publié sur mon blogue – mais pour laquelle il y a une bonne histoire à raconter

En 2005, j’étais au Loyalist College à Belleville (On) pour mon cours en photojournalisme. 17 Septembre 2005, armé de mon Canon 20D, je vais au Yardmen arena pour le dernier match présaison de l’année des Belleville Bulls de la OHL (équivalent de la LHJMQ).

Le soir même, j’envoie les photos au journal de la ville, le Belleville Intelligencer, sur un coup de tête. Le lendemain, l’éditeur photo me téléphone et me dit que leur seul photographe travaille sur semaine et de jour seulement. Il a besoin d’un pigiste pour couvrir toutes les parties locales des Bulls. C’est ainsi que j’ai obtenu mon premier contrat de pigiste. Un gros… 15$ par match!

De plus, sans le savoir, je prends des photos de leur nouvelle recrue très prometteuse, un certain PK Subban. Vous avez peut-être entendu parler de lui depuis…

PK

P.K. Subban Saturday September 17, 2005.

Stephane Delisle, enseignant en philosophie au CEGEP Limoilou

Pour la page Le Devoir de Philo du quotidien Le Devoir, on m’envoie photographier Stéphane Delisle, professeur au CÉGEP Limoilou qui a écrit le texte qui sera publié dans le journal. Quelques portraits, rien de bien compliqué.

Je choisis une classe vide, pour faire quelques photos de lui dans son environnement d’enseignant. Après une vingtaine de minutes, j’ai un certain nombre de photos utilisables. Rien pour mettre dans mon portfolio, mais quand même des photos intéressantes. Alors que je me prépare à ranger mes trucs et que je le remercie de sa collaboration, il m’ouvre une porte que je ne peux laisser se refermer.

Lire la suite

vets13

I am learning today the passing of Howard Large. I photographed him twice while I was working at the Windsor Star in the summer of 2006. Large was a World Ware II veteran, a member of the Essex Kent Scottish Regiment who took part in the Dieppe Landing. He was captured by the Germans and spent 3 years in a POW camp.

One thing will stay forever in my mind from the time I spent with him. At one point, I took a pause from shooting his portrait and asked him:

– Did you know Dieppe was just a test for the real landing? Did you know they did not expect you to come back, that it was going to be a butchery? 

He paused, then said:

– Yes. But we had a job to do.

Learn more about his life and passing on the Windsor Star.

dieppecomemoration1

dieppecomemoration3

dieppecomemoration2

Il y a 24 ans aujourd’hui, Marc Lépine entrait à l’École Polytechnique à Montréal, tuait 14 femmes et blessait 14 personnes.

En 2008, je devais photographier sa mère, Monique, lors d’une entrevue avec une journaliste. J’ai déjà montré ces images. Je me souviens très bien d’un truc qu’elle a dit lors de l’entrevue.

Lire la suite

Note: Parfois, l’histoire derrière l’image est plus intéressante que la photo elle-même. La chronique «L’anecdote derrière l’image» présente des photographies parfois moins intéressantes visuellement – parfois elles n’auront même pas été publiées sur mon blogue – mais pour laquelle il y a une bonne histoire à raconter.

PETA-protest
Windsor, Ontario - PETA supporter Lori Jones is asked to move off the Windsor Arena entrance by security agent Wylliam Johnson before the Garden Bros Circus show Sunday June 18, 2006. (Francis Vachon/ Windsor Star).

J’étais à l’époque au Windsor Star en emplois d’été. Le cirque était en ville. Le genre de cirque populaire avant le Cirque du Soleil, avec des éléphants et lions. Des manifestants étaient devant l’aréna pour protester contre les conditions de vie des éléphants, qu’ils disaient inhumaines.

Une chétive dame se trouvait proche de la porte avec sa pancarte et un énorme, ÉNOOOORME, agent de sécurité lui demandait de libérer le chemin pour que les gens puissent entrer.

C’est là que je porte la caméra à mon oeil. L’agent, tellement énorme que son employeur n’a pas trouvé une chemise assez grande pour qu’il puisse la boutonner, tourne son visage vers moi et d’un ton très autoritaire, me lance «don’t take my picture!» (Ne prends pas ma photo).

«Je travaille pour le journal, et je suis sur la voie publique. J’ai le droit de prendre ces photos»

«I don’t care! (je m’en fou!)», me répond-il sèchement alors que ma caméra ne quitte plus mon visage et que je continue à appuyer sur le déclencheur. 

L’agent passe rapidement de la dame à moi, et de moi à la dame. «Laissez les gens passer madame. Arrête de prendre ma photo. S.V.P. madame, veuillez quitter. ARRÊTE DE PRENDRE MA PHOTO!»

Clic-clic-clic!

Et soudain il éclate. Il tend son énorme bras vers moi, pointe son gargantuesque index vers mon visage. «Tu cesses tout de suite SINON….», me lance-t-il sans finir sa phrase.

Nous nous regardons en chiens de faïence. Moi protégé derrière ma caméra toujours à mon oeil, près à déclencher. Lui toujours le doigt menaçant. La joute d’intimidation dure quelques secondes, et ces quelques secondes me semblent des heures. 

Je peux être assez intimidant: je fais 255 livres. Mais lui est trois fois large comme moi. 

Je ne bouge pas, je reste silencieux. La caméra toujours au visage, mon doigt toujours sur le déclencheur. Et lui son doigt toujours bien haut, à quelques pouces de mon visage. Je sens qu’il peut éclater à tout moment.

Soudainement, il laisse retomber son bras le long de son corps, fait un 180 degrés, et pénètre à l’intérieur de l’édifice. Sans dire un mot.

Heureux d’être toujours en vie, je termine les photos de la manifestation, et pénètre à l’intérieur pour prendre des images de l’événement.

Plus tard, alors que je quittais via les corridors déserts de l’aréna, je croise le géant. Il s’approche de moi.

Est-ce que je vais me faire frapper?

 «Hey! Désolé pour tantôt», commence-t-il. «Je fais beaucoup de temps supplémentaire ces temps-ci. Je suis extrêmement fatigué et j’ai manqué de jugement. Je sais que tu avais le droit de prendre ces photos, et j’ai fait un fou de moi (I made a fool of myself). Je suis vraiment désolé, excuse-moi.»

Nous nous sommes serré la main, et il m’a même donné son nom pour compléter mon bas de vignette.

Note: Parfois, l’histoire derrière l’image est plus intéressante que la photo elle-même. La chronique “L’anecdote derrière l’image” présente des photographies parfois moins intéressantes visuellement – parfois elle n’auront même pas été publié sur mon blogue – mais pour laquelle il y a une bonne histoire à raconter.

C’était en 2006, pendant mon contrat d’été au Windsor Star. Deux jours après le meurtre d’un jeune noir au coin d’une ruelle, l’entourage du jeune homme avait invité les médias à un recueillement et un dépôt de fleurs à l’endroit du crime.

Sur la photo, je capture sa cousine et sa conjointe, inconsolable. Une fois la cérémonie terminé, moi et le journaliste s’approchons pour allez chercher quelques citations.

Mon journaliste: Tu sais qu’un suspect a été arrêté ce matin? Tu sais qui c’est?

La conjointe: Non. Aux nouvelles ils n’ont pas donnée son nom.

Journaliste: Ouais. C’est qu’il n’a pas encore été formellement été accusé au Palais de justice mais je me disais que peut-être tu savais qui c’était…

La conjointe: non…

Moi: Écoute, lors de l’arrestation, ça a brassé un peu. Le suspect a été conduit à l’hôpital, et c’est pour ça que c’est plus long que prévue pour la comparution. Mais… J’étais à sa sortie de l’hôpital, et j’ai pris des photos… Je les ai encore sur ma caméra… Tu veux les voir? Peut-être que tu le connais…

Évidemment, qu’elle a voulu les voir.

Après avoir jeté rapidement un oeil sur l’écran de ma caméra, elle fait un pas vers l’arrière, pose une main sur sa bouche, et remonte son regard vers nous, incapable de parler pour quelques secondes.

À la fois surprise et choqué, elle parle finalement. «C’est mon voisin. Quelques heures après la découverte du corps, alors que nous étions dans la rue, il est venue me voir. Il m’a pris dans ses bras pour me faire un câlin (hug) et m’a dit « C’est triste ce qui t’arrive. Mais ne t’en fais pas, ça va bien aller »

WINDSOR, ON. AUGUST 29, 2006. - Quiana Gaines, girlfriend of Sunday's murder victim Troy Hutchinson, shows emotion at the memorial she just put in place at the location of the murder on Ford Blvd at Reginald St. August 29, 2006. (Windsor Star - Francis Vachon)

  • 1
  • 2

Copyright © 2017 Francis Vachon. Réalisation web par Eve Drouin-V.