La nouvelle circulait depuis hier, mais tant qu’une source sérieuse n’avait pas confirmée, j’ai préféré rester loin de cette nouvelle. Mais le Rolling Stone a enquêté et Axl Rose a bien complété un DMCA takedown notice pour faire supprimer d’Internet les fameuses photos qui ont depuis été transformées en « meme » pour rire de son surplus de poids.

La photo a été prise par Boris Minkevich du Winnipeg Free Press lors d’un concert des Guns au MTS Centre.

Le DMCA takedown notice n’est recevable que s’il est demandé par le titulaire du droit d’auteur. L’hébergeur du site Internet est alors dans l’obligation de retirer la photo, à défaut de quoi il sera codéfendeur dans une poursuite de violation du droit d’auteur. C’est généralement suffisant pour que la photo soit retirée.

La question importante est donc: est-ce que Boris Minkevich, sous la recommandation du Free Press, a signé un release donnant le copyright au groupe? C’est le genre de release qui est de plus en plus requis pour avoir le privilège de photographier des concerts et s’il a été signé, alors Axl aurait légalement le droit de le faire. Par contre, il aura une probablement droit à une bonne dose de Streisand effect..

Vous pensiez que ce n’était pas important, ces releases?

En lien avec mon billet de vendredi Conservez-vous le droit d’auteur sur les photos postées sur Facebook, Instagram et Twitter?, je suis allé dans les studios du FM93 pour discuter avec Gilles Parent et son équipe. Droits d’auteur, droit à l’image, la « business » de la photo, les photographes de mariage… Ce fut un 20 minutes bien chargé.

Les sujets abordés dans cette entrevue et qui ont fait l’objet de billets sur ce blogue:

  1. Le droit à l’image au Québec
  2. Quoi faire en cas d’utilisation non-autorisée d’une de vos photos?
  3. Droit d’auteur: Comment trouver ceux qui utilisent nos photos sur Internet sans autorisation.

– La photo est sur Facebook alors est maintenant dans le domaine public.
– Tu as mis ta photo sur Twitter et c’est maintenant Twitter qui a les droits sur cette photo
– Tu as posté ta photo sur Instagram alors maintenant tout le monde peut l’utiliser et même la revendre sans te le demander.

Ça vous semble familier comme affirmation? Et pourtant, c’est tout faux! Allons lire les conditions d’utilisation des différents médias sociaux. Vous savez, ces textes que vous avez lus avant de cocher « j’accepte les conditions d’utilisation » en vous inscrivant sur un réseau social?

Voici donc la section pertinente concernant le droit d’auteur sur les différents sites que vous utilisez.

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Dans mon populaire billet 10 mauvaises bonnes raisons d’utiliser une photo trouvée sur Internet sans demander la permission au photographe, j’explique pourquoi n’est pas valide l’argument « Mais je ne fais pas d’argent avec cette photo! C’est juste pour [mon blogue / mon site web personnel / mon Facebook] ». Une conceptrice de site web l’a appris à la dure récemment alors que mon collègue de Sorel Maurice Parent vient de gagner 1800$ à la Cour des petites créances pour l’utilisation non autorisée de six de ses photos, et ce après 39 petites visites sur le site Internet de Sonia Gagnon.

« C’est un jugement en faveur de tous les photographes en fait. Mes photos portaient ma signature, mais elles ont été reproduites quand même sur un autre site sans mon accord. Le jugement met aussi en valeur que même à des fins non commerciales, la loi prévoit la protection des droits d’auteurs. Cela est essentiel pour nous. »

 

Les détails dans cet article du journal local de la région.

Une question qui revient fréquemment sur les groupes Facebook ou autres forums web pour Photographe:

« Je leur ai donné la photo en leur disant que je ne voulais qu’avoir mon nom comme crédit photo. Comme récompense et comme fierté personnelle. Ils ne l’ont pas mis et je ne suis pas content. Est-ce que j’ai des recours? »

Ma réponse n’est généralement pas ce à quoi les gens s’attendent ou souhaite entendre.

Chaque fois qu’on parle d’accords de libre échange international, il y a toujours des gens pour lever le drapeau sur les clauses concernant la propriété intellectuelle. «Le droit d’auteur n’est plus adapté aux années 2000! » «Si j’achète une chanson, je devrais pouvoir faire ce que je veux! » «C’est juste des grosses compagnies qui veulent protéger leur brevet!»

Non.

Toutes ces mesures de protections de la propriété intellectuelle et les moyens qui sont donnés au titulaire des droits sont tout aussi valides pour les petits créateurs comme moi. À son arrivée, le DMCA avait été décrié comme une bombme nucléaire à tuer des mouches. Pas justes Disney et Sony music peuvent utiliser le DMCA. VOUS pouvez aussi. Je l’ai fait, ça fonctionne!

Tout cela pour introduire ce sympathique vidéo de Claude Robinson qui s’est battu contre Cinar pour faire respecter ses droits.

Les lois pour protéger le droit d’auteur, c’est aussi (et surtout) pour protéger les petits créateurs contre les grosses compagnies.


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