On a attiré mon attention sur une rocambolesque histoire présentée par le Regroupement des Artistes en arts visuels (RAAV). J’ai entendu plusieurs étranges histoires, mais je vais m’en tenir aux faits présentés sur cette affiche qu’on peut voir sur le Facebook du RAAV avec la légende suivante:

Voici une photo de Mme Suzan M. McGregor, journaliste membre de la National Press Phtographer Association que s’attribue Paul Guérin sur cette affiche de 2013. Here is a picture by Suzi M. McGregor, Paul Guérin appropriated on a 2013 poster.

Il s’agit d’une affiche publicisant une des nombreuses expositions qu’il a réalisées. Paul Guérin y montre une image qui est en fait une réalisation de Suzi M McGregor. Il se présente comme un photographe de la prestigieuse agence Magnum, ce qui n’est pas le cas. Comme si ce n’était pas assez, la photo le représentant est en fait le portrait du photographe Ian Farrell.

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Step 2:
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Step 4:
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Step 5:
Profit!

Un dernier adieu à Claude Béchard

Dans les commentaires de mon précédent billet, Les médias et les funérailles, le journaliste au FM93 Jean-François Labris explique :

Ensuite vient le moment pour le journaliste, photographe et cameraman de choisir les images et les témoignages à diffuser. Faire le tri dans ce que l’on peut montrer au public et l’intimité à laquelle la famille a droit. C’est ce qui est le plus difficile je crois, faire comprendre à ceux qui nous blâment que ce n’est pas parce que l’ont film tel ou tel évènement qu’il sera diffusé.

Comme Béchard était un homme politique, cela permettait aux médias de se détourner un peu de la famille pour aussi soumettre quelques photos de personnes « publics », plus habituées aux caméras.

Voici donc Jean Charest qui parle aux médias à son arrivé et qui est ensuite vu à travers la fenêtre de la porte ouverte du corbillard, alors qu’il touche une dernière fois au cercueil.
Quebec Premier Jean Charest speaks to the media as he arrives at the funeral of Claude Bechard at the Sainte-Anne Cathedral in La Pocatiere Saturday September 11, 2010. Bechard passed away at 41 of a cancer

Quebec Premier Jean Charest is framed through the hearse's window as he touches Claude Bechard' coffin at the Sainte-Anne Cathedral in La Pocatiere Saturday September 11, 2010. Bechard passed away at 41 of a cancer

Il est malheureusement impossible de couvrir ce genre d’événement seulement avec des photos de politiciens venus assister à la cérémonie. Il y a une famille endeuillée, il y a un cercueil drapé de drapeaux québécois, car il s’agit de funérailles nationales. Il faut montrer une partie de ça.

Montrer le cercueil seul ne raconte pas suffisamment l’histoire. Montrer la famille seulement est peut-être une photo un peu incomplète. Oui, j’ai des photos de la veuve et des quatre enfants qui pleurent et se sert dans leur bras. Mais est-ce trop de voyeurisme? C’est une question éthique qui ne cesse de se poser alors qu’on édite les photos.

J’ai donc soumis deux autres images. Dans la première, on voit une partie de la famille, sans larmes apparentes, qui apparaissent au loin, à travers des porteurs alors que le cercueil arrive à l’église.

The family of Claude Bechard is seen between the bearers of his coffin as it arrives at the Sainte-Anne Cathedral in La Pocatiere Saturday September 11, 2010. Bechard passed away at 41 of a cancer

La seconde a été prise à la sortie. J’ai fortement recadré une photo pour ne laisser voir qu’une partie du cercueil et un des enfants pratiquement anonyme, grandement caché par sa main et le drapeau, étendant le bras pour toucher à son père. J’ai longtemps réfléchi avant d’envoyer cette dernière photo, mais je pense que l’émotion et le respect y sont.
One of Claude Bechard children reaches for his coffin as it is carried out of the Sainte-Anne Cathedral in La Pocatiere Saturday September 11, 2010. Bechard passed away at 41 of a cancer

Les médias et les funérailles

MRT10 0911
Aujourd’hui était les funérailles de Claude Béchard, ministre québecois mort du cancer à 41 ans. Au delà des allégeances politiques, sa mort à provoqué un élan de sympathie de la population en raison de son départ en si bas âge et du côté sympathique de l’homme. Les médias étaient donc nombreux à La Pocatière pour couvrir l’évènement. Et qui dit médias et funérailles dit aussi critique du public sur notre travail dans ce genre de circonstance.

C’est un tweet de Patrick Routhier qui a attiré mon attention :

C’est quoi le boute que les journalistes comprennent pas dans ON VEUX VIVRE ÇA DANS L’INTIMITÉ LES FUNÉRAILLES DE CLAUDE BÉCHARD #rapasse

Précisons d’abord : C’est toujours la famille qui décide de l’accès qui est donné aux médias. Si les caméras sont à l’intérieur pour prendre des images pendant la cérémonie, c’est que la famille l’a accepté et autorisé. Généralement, on nous demande de rester à bonne distance, de respecter leur intimité.

Et croyez moi, il n’y a AUCUN membre des médias qui aime se retrouver dans une église lors de funérailles, alors JAMAIS nous n’essayons de « pousser » pour avoir un accès plus important que celui accordé.

Dans le cas de Béchard, il y avait un cordon pour les médias sur le côté du parvis et nous n’étions pas accepté à l’intérieur.

À tout cela, il ne faut pas oublier un point important : le désire de garder une trace. Presque tout le monde conserve l’avis de décès d’un proche. Souvent, c’est le seul souvenir qui reste de la cérémonie, cérémonie qui fait partie intégrante du processus de deuil.

Je suis sûr que la plupart des familles endeuillées qui ont accueilli les médias ont conservé les découpures de journal. Vont-ils lire ces articles dès le lendemain pour voir comment la nouvelle a été traitée? Bien sûr que non. Mais dans quelques semaines… Quelques mois… Le besoin de revivre la journée à tête reposé reviendra. J’avais d’ailleurs rapporté sur mon blogue un témoignage en ce sens du photojournaliste George Bridges.

Et moi aussi je peux en témoigner. Lorsque mon premier fils est mort, j’ai écris un long courriel à mes amis et à ma famille « étendue ». Je l’ai ensuite mis en ligne sur mon blogue. Souvent, pour évacuer mes émotions ou pour me remémorer, je relie ce bilan de la journée que j’avais alors fait.

J’étais à La Pocatière pour The Gazette. Dimanche ou lundi, je publierai quelques photos et j’expliquerai comment j’ai essayé, tout en racontant « l’histoire », de respecter la famille, qui inclue quatre jeunes enfants, en ne cherchant pas nécessairement les larmes et les pleurs.

Mise à jour: Le billet est en ligne

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